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Nouveau Code des douanes de l’Union : ce qui va changer pour les entreprises

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Droit et réglementation

Le nouveau Code des douanes de l’Union engage une transformation en profondeur du fonctionnement douanier européen. Nouvelle Autorité douanière, plateforme européenne de données, responsabilités renforcées des opérateurs et régime adapté au e-commerce : tour d’horizon des principaux changements et du calendrier à anticiper par les entreprises.

Le règlement (UE) 2026/2108 du 16 septembre 2026 établit un nouveau Code des douanes de l’Union et crée l’Autorité douanière de l’Union européenne. Publié au Journal officiel de l’Union européenne le 19 septembre 2026, il est entré en vigueur le 20 septembre 2026. Il remplacera le règlement (UE) n° 952/2013, qui constitue depuis 2013 le cadre juridique du Code des douanes de l’Union. La majorité des nouvelles dispositions sera applicable à compter du 21 septembre 2027, selon un calendrier progressif qui s’étendra jusqu’en 2034.

Cette réforme répond à une transformation profonde des échanges internationaux. Selon la douane française, près de six milliards de colis issus du commerce électronique entrent chaque année dans l’Union européenne, tandis que les administrations douanières s’appuient encore sur 111 systèmes nationaux peu interopérables. Le nouveau Code vise donc à renforcer la coordination européenne, à mieux exploiter les données douanières et à adapter les contrôles aux nouveaux flux commerciaux.

Une Autorité douanière européenne pour mieux coordonner les contrôles

Le règlement crée l’Autorité douanière de l’Union européenne (EU Customs Authority – EUCA), dont le siège sera établi à Lille.

La gestion des risques devient davantage coordonnée au niveau européen. L’article 55 prévoit que l’Autorité douanière de l’UE, la Commission européenne et les autorités douanières nationales interviennent conjointement dans ce domaine, principalement sur la base d’analyses automatisées.

Les données disponibles pourront notamment être utilisées pour identifier, analyser, évaluer ou prévoir les risques à partir de méthodes statistiques et prédictives. Des domaines de contrôle prioritaires ainsi que des critères et normes communs en matière de risque pourront également être établis.

Les administrations douanières nationales continueront néanmoins d’exercer les contrôles sur le terrain. L’objectif est donc moins de remplacer les douanes nationales que de renforcer leur coordination et de développer une approche commune du risque au niveau de l’Union.

Une plateforme européenne au cœur du nouveau système douanier

L’une des transformations majeures du nouveau Code est la création du EU Customs Data Hub, ou plateforme des données douanières de l’UE.

L’article 35 institue cette plateforme et l’article 36 la définit comme une infrastructure informatique centralisée, sécurisée et cyber-résiliente destinée à devenir le point central d’échange de données avec les autorités douanières et entre celles-ci.

À terme, les opérateurs transmettront ou mettront à disposition les informations nécessaires au traitement douanier par l’intermédiaire de cette plateforme. Le système doit ainsi permettre de réduire la fragmentation actuelle des systèmes informatiques et de faciliter la réutilisation des données déjà communiquées.

La transition sera progressive. À partir du 1er mars 2031, les opérateurs économiques pourront commencer à utiliser volontairement les fonctionnalités du Data Hub. À compter du 1er mars 2034, les importateurs, exportateurs et titulaires du régime de transit devront l’utiliser pour fournir ou mettre à disposition les informations nécessaires au placement des marchandises sous un régime douanier.

Des responsabilités plus importantes pour les entreprises

La réforme ne porte pas uniquement sur les outils informatiques. Elle renforce également la responsabilité des opérateurs économiques.

Le nouveau Code précise notamment les obligations de l’importateur. L’article 27 lui impose de fournir, conserver et mettre à disposition les informations nécessaires, de garantir l’exactitude et l’exhaustivité des données communiquées et de veiller au respect des règles douanières ainsi que des autres législations dont l’application relève des autorités douanières.

Le règlement maintient par ailleurs le statut d’opérateur économique agréé (OEA) et introduit le statut de « Trust and Check trader ». Ce dernier est destiné aux opérateurs répondant à des exigences renforcées de fiabilité et de transparence. Sous certaines conditions, ces entreprises pourront bénéficier de simplifications, notamment concernant la fourniture de certaines données ou la mainlevée des marchandises.

Pour les entreprises, la qualité des données douanières devient donc un enjeu encore plus important. Classement tarifaire, origine, valeur en douane, informations relatives aux marchandises et traçabilité des opérations devront être correctement intégrés dans les processus internes.

Le e-commerce en première ligne

Le commerce électronique constitue l’un des premiers secteurs concernés par la transformation.

Le règlement crée notamment la notion d’« importateur pour les ventes à distance ». Certaines personnes fournissant des marchandises dans le cadre de ventes à distance ou facilitant ces ventes se voient ainsi attribuer directement des obligations douanières.

Cette évolution vise notamment à faire porter les obligations sur les opérateurs économiques intervenant dans la vente et l’organisation des flux plutôt que de laisser certaines responsabilités au consommateur final.

Le e-commerce sera également le premier secteur à basculer vers le nouveau système de données : plusieurs dispositions relatives aux ventes à distance et au Data Hub seront applicables à compter du 1er juillet 2028.

Un calendrier de transition jusqu’en 2034

La réforme se déploiera donc sur plusieurs années. Le règlement est entré en vigueur le 20 septembre 2026, mais son application générale est prévue à compter du 21 septembre 2027. Une nouvelle étape interviendra le 1er juillet 2028 avec l’application de dispositions spécifiques aux ventes à distance et au Data Hub. À compter du 1er mars 2031, les autres opérateurs pourront commencer à utiliser volontairement la plateforme. Enfin, le 1er mars 2034 marquera la généralisation de son utilisation pour les opérateurs concernés.

Pour les entreprises, la réforme ne nécessite donc pas un changement immédiat de l’ensemble des procédures douanières. Elle implique néanmoins d’anticiper progressivement la transformation : vérifier la qualité et la disponibilité des données douanières, identifier clairement les responsabilités dans les chaînes d’approvisionnement et préparer les systèmes d’information à leur future connexion avec le Data Hub.

La mise en œuvre concrète du nouveau Code dépendra également de plusieurs actes délégués et actes d’exécution qui viendront préciser certaines modalités du dispositif. Les entreprises devront donc suivre ces textes au fur et à mesure de leur adoption.

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