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UE : vers une simplification de l’application du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF)

01/05/2025

Adopté par le règlement (UE) 2023/956 du 10 mai 2023, le MACF (ou CBAM) constitue une innovation normative majeure dans l’architecture juridique du Pacte vert pour l’Europe. Instrument de lutte contre les fuites de carbone et levier de convergence réglementaire, il vise à aligner le coût carbone des produits importés sur celui supporté par les producteurs européens soumis au système d’échange de quotas d’émission (SEQE-UE).

Durant la période transitoire, ouverte depuis le 1er octobre 2023 et courant jusqu’au 31 décembre 2025, les importateurs de certaines marchandises (acier, aluminium, engrais azotés, ciment, électricité, hydrogène) sont tenus de déclarer tous les trimestres les émissions directes et indirectes liées à la production des biens importés, sans obligation d’achat ou de restitution de certificats à ce stade.

 

À compter du 1er janvier 2026, seuls les opérateurs disposant du statut de "déclarant MACF autorisé" pourront procéder à l'importation des biens concernés. Ils devront déposer une déclaration annuelle relative aux émissions et restituer, pour chaque tonne de CO2 importée, un nombre équivalent de certificats MACF correspondants.

 

Simplification du dispositif par la Commission européenne

Le 26 février 2025, la Commission européenne a présenté une série de simplifications (Paquet Omnibus I) en vue de réduire la charge administrative pesant sur les opérateurs économiques, tout en maintenant l’ambition environnementale du mécanisme. Parmi les ajustements majeurs proposés figurent :

  • Nouvelle exemption pour les petits importateurs : un seuil de 50 tonnes par type de marchandise importée remplace le seuil antérieur fondé sur la valeur (150 euros par envoi). Cette mesure exonèrerait jusqu’à 90 % des opérateurs tout en maintenant environ 99 % des émissions couvertes.

 

  • Report au 1er février 2027 du démarrage de la vente des certificats MACF au lieu du 1er janvier 2026 et décalage de l’obligation d’achat des certificats après le dépôt de la déclaration annuelle ;

 

  • Baisse du seuil de stock minimum trimestriel obligatoire de certificats (de 80 % à 50 %).

 

  • Possibilité de recourir à des valeurs par défaut pour la déclaration annuelle avec simplification de la méthode de calcul (moyenne des 10 pays les plus émetteurs, assortie d’un mark-up) ;

 

  • Usage obligatoire de vérificateurs accrédités uniquement en cas de recours aux valeurs réelles lors des déclarations d’émissions ;

 

  • Clarification de la gestion des prix du carbone déjà acquittés à l’étranger et simplification de la méthode de calcul pour éviter la double imposition carbone.

 

Depuis ces propositions, les débats quant à la modification du règlement relatif au MACF se poursuivent au sein du Parlement européen. Un projet d’avis du 3 avril, témoigne de la volonté de certains parlementaires d’ajuster en particulier le seuil d’exemption proposé pour les petits importateurs (rehaussement à 100 voire 250 tonnes).

 

En France, la mise en œuvre opérationnelle du MACF est pilotée par la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), en coopération avec la DGDDI pour les aspects douaniers. Avec le concours de la DITP (Agence de conseil interne de l’État), un ensemble de chantiers a été mené afin de :

  • Segmenter les opérateurs en fonction de leur exposition au MACF ;
  • Structurer le processus d’octroi du statut de "déclarant autorisé" ;
  • Déployer des outils de formation et d’accompagnement à destination des entreprises ;
  • Anticiper les besoins spécifiques des entreprises via un plan d’écoute utilisateurs.

 

Le MACF est conçu comme un instrument compatible avec les règles de l’OMC, notamment le principe de non-discrimination, sous réserve d’une application proportionnée et transparente. À terme, une extension du champ d’application est envisagée (raffinage, chimie, produits semi-finis), afin de lutter contre les risques de contournement du dispositif et de renforcer l’effet de prix du carbone.

 

 

Pour aller plus loin : 

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